Reliure au Québec

La reliure au Québec : survol historique

Bien que la reliure soit apparue avant l’arrivée de l’imprimerie, en particulier pour les livres de compte des communautés religieuses, c’est à la fin du XVIIIe siècle qu’elle prend son envol véritable avec la fondation de l’imprimerie Brown et Gilmore qui publient la Gazette de Québec en 1764. Au début du XIXe siècle, l’essor sera rapide pour ces entreprises sises à Québec qui regroupent plusieurs métiers du livre : de l’imprimeur au libraire, pensons à Brown, mais aussi à Neilson, Fréchette et Côté. À Montréal, les premières impressions seront l’œuvre de Fleury Mesplet avec la Gazette de Montréal, fondée en 1785.

Avec la Révolution industrielle le monde du livre connaît lui-aussi de grands bouleversements. L’arrivée des presses à vapeur notamment modifie la dynamique. Dans le cas de la reliure, on passe d’un mode de production artisanal à la reliure dite «industrielle», faite en grande série. Tant à Québec qu’à Montréal les grandes maisons d’éditions surgissent dont la plus importante sera Beauchemin qui, avec la publication de son Almanach du Peuple, assurera ses assises financières. Parmi les relieurs qui perpétuent la pratique artisanale de la reliure mentionnons Victor Lafrance, Télesphore Lemieux, puis C.A. Dorion.

La première moitié du XXe siècle sera marquée quant à elle par la professionalisation des métiers du livre. Sous l’impulsion de Louis-Philippe Beaudoin, premier canadien boursier de l’École Estienne de Paris, sera fondée l’École des arts graphiques de Montréal en 1942 où seront formées des générations d’artisans du livre, de Roland Giguère à Pierre Ouvrard.

Au cours des années 1960, des relieurs de haut niveau iront naturellement à l’étranger telle Simone B. Roy puis reviendront au Québec afin de former les maîtres artisans d’aujourd’hui, si bien qu’il n’est pas exagéré de parler d’une vigueur certaine de la pratique de la reliure originale encouragée par des écoles, des stages, des associations et des expositions ici et à l’étranger.

Dans ce contexte, la reliure d’art québécoise tend à devenir de plus en plus une pratique artistique autonome et distincte.

Guy de Grosbois

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